D'après détail NASA Human Spaceflight Collection, ISS Imagery, ISS014-E-05615 (14 Oct. 2006) Bahia Blanca, Buenos Aires Province, Argentina.
 
EDITORIAL

Un monde urbain, entièrement urbain, le monde-cité, ou la cité-monde, la ville sans discontinuité… Telles sont les nouvelles fictions que laissent entrevoir les mouvements humains, les villes s’étendent, les centres se déplacent, les périphéries glissent et englobent, les projets architecturaux se font de plus en plus audacieux, projettent de peupler les déserts et de bétonner les mers. Après avoir observé comment les sociétés humaines s’ouvraient et se fermaient les unes aux autres dans ce nouvel espace mondialisé, Ressac se penche à présent sur les « logiques urbaines »… En ont-elles seulement une ? Les questions abondent, surtout à l’heure de la conscience écologique et de la protection de l’environnement : nous rendons la pollution responsable de tous les maux et paradoxalement louons les commodités de la ville, nous y entassons, n’en sortons pas. Dans le monde entier, les villes sont comme des aimants qui attirent les hommes, leur font miroiter richesse et qualité de vie qui bien souvent sont très loin d’être à la hauteur de leur espérance. Pourtant, nous y restons. Quelle est, si elle existe, la raison de tous ces déplacements ? Que vient donc chercher l’homme dans la ville qu’il ne trouve pas à la campagne ? Qu’est-ce qui le pousse à demeurer dans les capitales surchargées, nauséabondes, cacophoniques et démesurées de ce XXIe siècle ? Qu’est-ce qui rassemblent et différencient ces différentes métropoles ?

Il nous a tout d’abord semblé judicieux d’opter pour une vision d’ensemble, qui soit non seulement artistique mais aussi plastique, une cité ensevelie dans une ville qui donne à voir notre habitat, ses contradictions, ses accords, et tout ce qui les lie et les relie ensemble, en un mot, ses Correspondances. Puis nous sommes partis explorer une ville en particulier, voir comment les lieux se font et se défont, comment les hommes créent leur propre espace urbain.

La ville les crée ainsi à son tour (Territoires et identités à Lomé, Togo). À force de mélanger les tons et les formes pour essayer de cerner cette ville aux multiples visages, à force de vouloir les réunir et les différencier et être présent sur chaque centimètre carré de cité, on a fini par en découvrir une autre, de ville, parfois dans celle que l’on connaît, parfois à l’extérieur de ses limites, mais ville quand même, l’autre ville.

Nous nous sommes attachés, dans un deuxième temps, à prendre de la hauteur, pour nous pencher sur un continent, l’Afrique (en partie parce que la croissance urbaine y est la plus importante au monde), et le regard que porte ses écrivains sur les villes, parce qu’ils sont nombreux à appréhender par les mots ce phénomène mondial (La ville africaine à travers la littérature subsaharienne). Puis nous avons choisi d’occuper un lieu et un personnage, parce que la ville sans ses lieux communs ni ses habitants n’a pas lieu d’être, et parce qu’ils méritaient bien un peu d’attention (Logiques urbaines…). Enfin nous refermons ce numéro par une analyse des icônes urbaines, plus particulièrement celles du continent sud-américain (Du parc à la place et de là… au shopping ? Tristes icônes du développement post-moderne en Amérique Latine), de son schéma d’extension et des nouveaux lieux de rencontres humaines.

Ne cherchons pas trop de logique raisonnante à tout cela. La ville, c’est avant tout un grouillement humain, avec ses lieux de prédilection, ses extensions désordonnées. Nous avons néanmoins voulu montrer combien le phénomène urbain influence nos comportements, transforme nos désirs et nos besoins.

     
SOMMAIRE

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    Correspondance par N. Greff-Santamaria.
Détail de l'exposition "Villes invisibles", station Luxembourg du métro parisien (France), photo M. G. Sola & R. Osi, 2007.  

Une exploration de l’exposition de Mariella G. Sola et Romain Osi dans la station « Luxembourg » du métro parisien, qui s’inspirait des Villes Invisibles d’Italo Calvino.

 

Correspondance… entre une fiction et une réalité, entre un texte et une image, entre une ville et une autre, entre la ville d’en dessus et la ville d’en dessous, entre la ville et une ville, entre une ville et son image, entre un espace plein et un espace vide, entre un espace en construction et un autre en déconstruction, entre un espace fixe et un espace mobile, entre le petit et le grand, entre la synchronie et la diachronie, entre deux artistes…LIRE LA SUITE >>

 
   

Territoires et identités à Lomé (Togo)  par B. Agoma.

Vendeuse de rue dans un quartier populaire de Lomé (Togo), photo B. Agoma, 2008.  

Une étude sociologique sur la capitale togolaise d’aujourd’hui et sur les logiques d’appropriation et d’occupation de l’espace urbain par les Loméens.

 

Avec l’explosion démographique, la ville contemporaine se reconfigure. Les rapports que les citadins entretiennent avec l’espace et le monde social se transforment: les mobilités urbaines s’accélèrent; les relations sociales se développent en réseaux territorialisés. La question du territoire et de l’identité renvoie au marquage d’un territoire par une identité particulière à travers certaines pratiques spécifiques... LIRE LA SUITE >>

     
   

L’autre ville  par E. Calderón Madriaza & N. Greff-Santamaria.

Détail du cimetière de la Recoleta (Buenos Aires, Argentine), photo E. Calderon Madriaza, 2008.  

Une promenade onirique entre la Recoleta (Buenos Aires) et le Patio 29 (Santiago) autour de cette « autre ville », celle des habitants du passé, celle des cimetières et des monuments aux morts, qui dévoile un autre visage de l’espace urbain.

 

Une cité n’est jamais homogène, elle est composée de multiples éléments mais on ne voit trop souvent que son côté mouvant alors qu’elle possède aussi une facette silencieuse et discrète, souvent cachée, souvent oubliée, mais tout aussi imposante. L’envers de la ville en vie dont les habitants disent mieux que mille monuments. Le revers de la vie où l’immobilité devient mémoire active…LIRE LA SUITE >>

     
   

La ville africaine à travers la littérature subsaharienne  par C. Roy.

Grande artère menant au centre-ville (Kinshasa, République Démocratique du Congo), photo C. Roy, 2003.  

Une analyse de la vision de la ville africaine que développent des auteurs subsahariens de générations et d’aires géographiques différentes.

 

Le discours du Chef de l’Etat français à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar restera probablement dans les annales. Il est un des plus riches sujets récents d’explication de texte pour les étudiants en sciences politiques ou en relations internationales à travers le monde. D’abord parce qu’il charrie un lot d’absurdités scientifiques...LIRE LA SUITE >>

     
   

Logiques urbaines... par M. Perrot.

 

Une rêverie de la plume et de l’esprit en deux volets : le premier autour du marché, lieu emblématique de la ville, et le second autour du clochard, figure incontournable du contexte urbain.

 

Si vous voulez être un peu à la mode, de nos jours, mieux vaut penser "solidarité", "humanité". Disons que c'est bien vu. C'est pourquoi, je ne serais pas le premier à vanter la beauté et tout le précieux des marchés... On s'y était déjà attelé au XIXe siècle, Le Bonheur des Dames pour commencer : le terrorisme des grands magasins qui font sauter les petites gens et la vie de quartier par dessus le marché ! Mais voilà, aujourd'hui, on en revient…LIRE LA SUITE >>

     
   

Du parc à la place et de là… au shopping ? par A. Toro Vallejo.

"La ménagère", Duane Hanson, 1969, http://museen.aachen.de  

Un portrait corrosif des villes d’Amérique latine au travers de leurs lieux de mémoire, à la fois creusets de sociabilisation, « icônes » parfois, et marqueurs d’une position sur l’échiquier mondial

 

On sait que les grandes villes latino-américaines conservent presque toutes une caractéristique  commune,  sans  doute  maintenue   depuis   la   colonisation   espagnole, celle de l'existence d’un centre et d'une périphérie. Cette dernière se constitue de blocs linéaires que divisent divers regroupements urbains ou « arrondissements » avec des marquages différents tant architectoniques que sociaux qui trahissent un certain niveau socio-économique…LIRE LA SUITE >>

     
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Révoltes, révolutions, et mythes révolutionnaires

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